Millions de coeurs

Mes mots au fil des jours …

Frères de 8.6

Un jour, on réalisera un film. Un jour, on écrira nos hystéries pour couvrir la page de toutes ces anesthésies naïves qui rendent aux sourires la bienveillance des gens heureux.

Alors, de ces aventures à ces rires qui nous font perdre la voix, on chante et boit pour jouer avec les sentiments de la vie.

De bars en bars pour assouvir notre soif d’être vivant et tellement plus encore, on croise des êtres mi-merveilleux, mi-étonnants qui seront nous faire côtoyer l’improbable. On s’enfuit là-bas, ailleurs, sans crainte de la rage ou de la colère. On trinque à nos envies avec ces verres qui ne sont que le trait d’union de l’amitié. On s’use à en perdre la foi pour je ne sais quelle raison. Ainsi, il y a ceux qui sont moins que nous et qui s’en vont comme des rois, et il y a ces frères qui, incapables de s’arrêter, s’éclipse dans ces instants qui ne s’oublient pas.

Frères de 8,6, amis alliés pochtrons, la bière inonde nos âmes.

On se réveille fragiles au cœur de ces matins d’errance qui n’attendent que le retour de l’éclairci pour rendre les couleurs de nos cœurs. On veille cette tournée qui nous refera vivre à la folie. On patiente avant de renaître de cette gorgée qui rend confiance et tellement plus encore.

Excessifs, dépendants, amoureux et beaucoup moins sage que la plupart nous seront toujours assez vaillants pour espérer accrocher ce beau qui passe si vite.

Merci à mes frères de 8,6.

Des escaliers pour la lune, en passant par les chaussettes cachées…

A toutes ces histoires perdues entre deux verres.

Millions de cœurs 54

Revoir la mer

Quand j’étais petit, elle était toujours derrière la montagne comme le disait mon père. Nous n’étions pas si proche de son bleu envoûtant et j’attendais alors, cette déesse de la nature qui savait toujours éblouir mon regard. Il y avait le ciel et sa couleur ambrée par les dorures du soleil. Je courais vers ses plages et je sentais son odeur de sel. Le bruit de ses vagues me berçait et je venais me perdre dans les rêves avec le sourire naïfs de ceux qui profite des secondes de l’insouciance.

Elle est parfois sombre et ténébreuse quand la tempête s’approche. Elle est si souvent azur et emplie de ces diamants de lumière du soleil se reflétant. Transparente et calme. Tumultueuse et rythmée par ces vagues qui font perdre le sens du temps, la mer me ravive cette odeur perdue qui ouvrait mon cœur sur ces journées de vacances. Cette saveur salée qui émoustillait mes lèvres quand je me perdais dans ses profondeurs me replonge à l’aube de ces heures où il n’y avait qu’elle et moi. Le soleil s’enfuit parfois au-delà de son lointain et nous sommes les témoins du spectacle de couleurs qui charme nos sens. Son pouvoir est infini, sa force dantesque. Le matin, elle s’éloigne puis se rapproche à l’orée du couchant pour perdre les rochers. Elle repartira pour revenir encore et nous offrir le rythme sage de la nature.

Elle berce mon cœur si tendrement. J’ai besoin de son immensité.

Depuis, j’ai partagé celle qui a su, si vite, figer le beau de nos vies.

Nous nous sommes éclaboussés de l’écume de son ressac. Ses côtes nous ont fait découvrir les animaux extraordinaires qui vivent avec elle. Je les ai fait plonger et leurs visages ont illuminé la plage.

Parfois je me perds en la contemplant. Elle m’inspire et éclaire mes idées les plus obscures. Elle rend le sourire silencieux des heureux et nous envoûte sans nous aliéner.

Et là-bas, à l’horizon de nos vues, quand le ciel se jette dans ses profondeurs et que le soleil se noie dans ses vagues, il y a des ailleurs qui nous regarde aussi sans nous voir.

Immense et indomptable, magnifique et féroce, elle sait se glisser dans mes souvenirs.

Elle me fera imaginer des mondes éblouissants. Elle m’hypnotisera dans des songes alcalins où des poissons arc-en-ciel dansent par une mélodie silencieuse et passionnée.

Invité de nos vacances…la belle inconnue que tout le monde connait.

Que l’on soit enfant ou grand … mer ou océan.

On va aller te regarder et … rêver, jouer, plonger, nager, courir …

De ONE LOVE à EDEN KARMA95

Samuel le 4 juillet 2021

Aujourd’hui, et pour toutes ces années qui glisseront vers la clarté, nous t’ouvrons ce chemin nouveau par tradition et amour.

Samuel, ton clan protecteur te guidera pour des instants passionnés et que l’on puisse répéter ces mots encore et encore :

Faire le bien

Rendre les siens heureux …

Apporter ce que l’autre ne peut avoir …

Donner sans attendre

Quand on est une bonne personne

En espérant l’être

Le devenir

Et l’avoir été …

Renaissances

Les renaissances jalonnent les vies. Elles nous font ouvrir ces portes qui guident vers les nouvelles aventures de l’existence.

Il y a eu ces temps où il fallait se faire mal pour réussir, sortir des immeubles sans rêves et ne plus être comme les voisins de l’allée.

La victoire ne se fêta, pourtant, qu’à peine et ne consentit pas à se réaliser.

Puis vint ces heures d’errance au gré de leurs envies, égaré dans une prison sans murs.

Je ressuscitai, un jour, à l’ombre des montagnes pour aimer la vie que tant jalouse. Je remercie ce Mont-Blanc protecteur qui m’a appris à profiter des saisons douces d’insouciance et du travail réalisé.

L’amour me terrassa, alors, et la vie ne fût plus jamais la même, parée de tous les adjectifs baignés du magnifique.

Pour m’assurer de faire grandir mon clan au paradis, je découvris ces plaines qui se voilent de collines et le temps égrena son intense pouvoir. Mon rêve d’enfant se réalisa …

Quelques secondes en violet et je me retrouvai handicapé des autres. Je n’étais plus que la version impulsive d’un triste, seul et dispersé dans le vent. L’obscurité m’envouta …

Elle me prit la main pour ouvrir les portes de ces bâtiments de briques et j’ai appris de nouveau. Me rééduquer aux gens, aux souvenirs … aux sens.

Il faut, aujourd’hui, mettre ce livre dans la bibliothèque et écrire une histoire inédite car ma rédemption ne pourra naître de l’ancien.

Sans déchirer ces pages et les jeter dans la corbeille des regrets, je sors, aujourd’hui, de la pièce pour écrire sur une feuille blanche qui ne connait pas encore l’obscurité des jours ternis par les cris.

Je veux que les larmes coulent sur le beau, l’immaculé du neuf, la vie nouvelle et oser croire que la passion n’est pas perdue. M’enfuir et rester ce cerf-volant coloré se voulant discret qui tangue avec poésie dans l’ouragan d’une vie impermanente et magnifique.

Lisez-moi et ne m’entendez plus hurler !

Je pars pour me sentir vivant et ne plus attendre sur le bord de cette route cabossée. Je veux faire du stop à la passion et aux rêves. Je me tromperais encore peut-être mais je serais en vie et accolé à la guérison des maux qui ne se voit pas.

Recommencer ailleurs pour pleurer, rire, courir et aimer … renaitre une fois de plus.

De ONE LOVE à EDEN KARMA94

Écrire ma vie

Je veux écrire ma vie pour lui hérisser les sens.

Que ce blanc immaculé soit envahi par le désordre.

Je veux écrire ma vie et la chanter sur la page.

Que je lui rende au centuple ce qu’elle a osé m’offrir.

Je veux écrire ma vie pour broyer cette rage aveugle.

Que l’obscurité soit l’asphyxiée perdue dans les limbes du néant.

Je veux écrire ma vie et cracher aux visages des démons.

Que l’on fasse perdre la raison aux âmes les plus obscures.

Je veux écrire ma vie pour oser le rêve.

Que l’immense embrasse mes sentiments les plus forts.

Je veux écrire ma vie pour ne plus avoir peur.

Que mon reflet me rende compassion et confiance.

Je veux écrire ma vie car elle est tout simplement belle.

Des chapitres pour tant d’histoires. Brutales, irrégulières et presque surréalistes …

De ONE LOVE à EDEN KARMA56

Course poursuite

Il me regarde et tend sa voiture en plastique aux couleurs vives de la naïveté des enfants. Je prends ce jouet magique et m’assoie pour que mon fils me défie avec un autre bolide.

On ouvre les portes, descend l’arc-en-ciel et la course poursuite peut débuter.

La voiture de police poursuit le fourgon violet qui hurle à qui veut l’entendre qu’il est le « plus beau des camions ». Le moteur est en surrégime et rejoint ce bahut qui dérape dans le virage. Les sirènes hurlent par-delà la réalité du monde confiné. Collision. Interpellation. Rires.

Qui sera le plus grand des cascadeurs ? Celui qui élance le petit cabriolet de fer ou celui qui jette l’ambulance au travers des meubles du salon. Accidents. Surprise. Rires.

Et le camion violet repart dans un échange déjanté entre deux rêveurs. Il devient boite à rythme en conjuguant les bruits les plus improbables des mécaniques extraordinaires. Cris. Chants. Rires.

Il passe si vite à autre chose et croise le calme du ballon endormi dans un coin de la pièce. On atterri, alors, au centre du stade de foot où les échos de nos passes estompent les gestes désarticulés. On devient star adulée par un public en folie et la balle évite miraculeusement les objets les plus fragiles de la maison. Acclamations. Applaudissements. Rires.

On imite, enfin, ces loups couvés par la chaleur de la horde notre foyer devient territoire de bêtes aussi belles que terrifiantes. Ah ouh !!!!! Rires.

Mais tout va si vite quand les jouets deviennent vivants. On ne s’était pas rendu compte que le monde terne du vrai allait revenir.

Je me souviens quand je jouais avec mon père pour faire écrouler cette tour en cube en soufflant dessus comme des titans. Mélancolie. Sourire. Larmes.

Une boucle de vie se perd une fois de plus dans la toile infinie des souvenirs heureux.

De ONE LOVE à EDEN KARMA91

En Manicle …

On va aller se promener …

Je ne fais que désarticuler les souvenirs d’avant et les récits d’aujourd’hui, pour offrir l’illusion de souffler sur ces particules aux services du beau. Car tant qu’il y aura ce chemin qui mène jusqu’à ces vignes, les mots deviendront couleurs pour que le peintre distille la plus lumineuse des teintes.

Je lui cours après pour la rattraper et monter comme elle sur le mur. Avec son chapeau de paille, sa blouse bleue, son bâton de bois et la mine de ceux qui ne veulent rien dévoiler, elle hurle qu’il ne faut pas grimper sur ces tas de pierres. Avec ma cousine, on rit de l’entendre et l’on saute de rochers en rochers, de la route aux champs, des chemins aux allés des maisons. Les insectes s’esclaffent du printemps naïf et le soleil cuit tendrement nos peaux d’enfants.

Dans le village, je raconte à ma fille que dans cette maison vivait un vieil homme qui vendait du pain et des fraises tagada. Je lui confie que je glissais sur des cartons dans les pentes en herbes et que nos vélos fusaient dans les rues du village. Les façades ont changé mais l’ambiance s’est figée sur la route d’il y a trente ans.

Avant. Maintenant. Je ne sais plus… une mélancolie heureuse agrippe mes entrailles, les larmes me glacent les yeux et je repars en cette après-midi de juin.

On tourne à gauche pour aller se perdre en Manicle. Je glisse ainsi le long de cette route sinueuse collée à la montagne et perdue vers la voie ferrée. Nous sommes seuls avec des fleurs, des abeilles, des guêpes, des serpents cachés, les chants des oiseaux et le souffle du vent chaud sur nos bouilles de gamins.

Ma cadette me prend la main et voudrait tout savoir. Je lui laisse échapper quelques instants de ces heures éclairées par le soleil. On joue à Chat perché, à « poule ou coq », aux pirates … Nos épées en bois sont des armes magnifiques et nos duels sont épiques comme il y a si longtemps. Mon fils grimpe sur mes épaules et s’engouffre dans le panorama. La forêt à fleur de montagne se perd dans le chant délicat d’une cascade en contre-bas. Je lui raconte, alors, qu’un jour ce sentier m’a pris la main pour me conduire là-bas, si près du rêve.

On arrive sur le coteau pour entendre les vignes respirer. Le vert des arbres se heurte sur les éboulis de rochers marron clair. Des papillons aussi sauvages que magnifiques caressent les pieds de ce raisin nouveau-né et pas encore convié à la vendange. On court entre les allées et sa voix raisonne. On la perd pour la retrouver et rire encore.

Mes enfants se blottissent et me soufflent : « regarde papa comme c’est beau ici ! »

Je leur réponds, cœur léger et visage enfoui dans cette vue que la pente ose nous offrir :

« Je sais mes enfants… je suis déjà venu ici… il y a longtemps. »

De ONE LOVE à EDEN KARMA92

Des projets aux rêves …

Aussi longtemps que mon espoir frémira et que je lèverai les yeux vers l’horizon de ma vie, mes rêves me guideront.

Et j’entends ces phrases qui me basculent de l’autre côté du miroir du monde :

« Tu as des projets ? »

« On a des projets ! on ne se laisse pas aller. »

« Il faut avoir des projets dans la vie. Il faut être actif. »

Ces « projets » s’enlaidissent des parures arborées de ceux qui se voudraient.

Notre monde érige ce mot en finalité où l’on devient homme sensé et respectable si on sait crier aux autres sa volonté de construire un futur plus beau que son présent. J’envisage, alors, demain avec valeur et relief pour m’octroyer cette place au sein des gens normaux. J’ai des projets donc je suis quelqu’un de consistant, acteur du monde.

Je refuse ces poncifs car la vie se doit d’être magique et si particulière.

Les rêves éclairent mes nuits et me permettent, encore, de croire qu’il y a un trésor au pied de l’arc-en-ciel. Grâce à eux, je pourrai décrocher cette lune qui me sourit et m’apaiser de tous ces moments aussi simples que fabuleux.

Mes rêves peindront mon futur en couleur. Ces sont les lianes auxquelles je m’accroche pour avancer, rire, aimer et vivre dans un monde beaucoup plus ensoleillé.

Ne crions plus aux « projets » pour donner l’illusion que l’on est dans le droit chemin. Réalisons nos rêves. N’ayons pas de regrets sur ces ambitions froides et dénouées d’émotion.

Les rêves ne servent pas qu’à embellir notre sommeil et même si vous me direz qu’ils ne sont que des chimères qui ne pourront vivre, je veux simplement que mon chemin soit plus poétique.

La vie mérite beaucoup plus que ça …

Millions de cœurs 17

Vacciné

Je suis enfermé dans cette pièce depuis déjà si longtemps. Ils crient, hurlent un avis et tournent en rond dans l’espace devenu si petit. Craintifs, ils n’ont plus que leurs idées qui valent mieux que celle de l’autre. La confiance n’est plus, la jalousie frappe aux portes fermées et les repères d’avant s’effacent. Ces gâtés désabusés esclaves du digital s’époumonent comme des loups pourchassés.

Je me bouche les oreilles et ferme les yeux. J’aimerais qu’ils se taisent et rêve du silence heureux de ce temps où l’on devait attendre et rêver. Je voudrais entendre les oiseaux ignorants de cette maladie. Je voudrais conjuguer au passé ces années confinées et revoir la naïveté de ceux qui ne tolèrent plus la restriction.

Ils crient encore, se battent bientôt.

Je les évite et pars me réfugier dans un coin, caché du tumulte malheureux des plaintes de chacun. J’ai, maintenant, peur de leur frustration. Je ne comprends plus. On savait pourtant qu’après la pluie le soleil revenait toujours. On le savait…

Je veux juste attendre la fin de l’ouragan et repartir ensuite cueillir le muguet du printemps, jouer à cache-cache avec mes enfants et faire des vœux aux étoiles filantes, rester avec mon clan et ne plus les entendre.

Usé de ces débats sur celui qui aura tort, ce monde bruyant doit se taire.

Alors, aujourd’hui, je pars avec l’espoir de lendemains qui chantent et ne hurlent plus.

Aujourd’hui, je suis vacciné…

Je ne sais pas si le chemin sera moins tortueux mais je sors de la pièce … enfin.

Est-ce la moins pire des solutions ?

Je veux juste qu’ils arrêtent de crier pour cueillir les fleurs de la saison.

Millions de cœurs 53

Du songe à la réalité : Mon 5 majeur

Il faisait très chaud ce soir-là. Les montagnes couvaient l’orage et la chaleur laissait somnoler les jambes tel des pantins sans maîtres. Il était assis sur le muret devant le bâtiment. La pierre était encore chaude, agonisante de la journée caniculaire.

Il observait, avec cette joie naïve, ses familles qui partaient vers des vacances joyeuses. Sans une once de jalousie, il les regardait se préparer pour cette longue route vers la mer.

Il était content pour eux, lui qui ne partira pas cet été-là.

Un songe ne fit, alors, que grandir en lui. Cette petite pointe de magie qui enivre la vie, la note de musique qui rend la symphonie si belle, la force d’un clan…

Il était désormais seul au milieu des immeubles salis par le silence.

Il regarda sa main et ses cinq doigts indivisibles. 

Ce petit Charly se jura, ainsi, sans le crier, qu’il siégera, un jour, au bout de cette tablée. Il sera l’un des doigts de cette main d’amour, son clan, celui qui mettra les bagages dans la voiture pour voler vers des contrés caressées par la mer et la magie.

Et le temps passa avec cette nonchalance impertinente et violente de vérité. 

Et le petit grandit… et rencontra l’amour.

Il vit l’éclosion d’une lionne, d’une balance et d’un verseau…

Il devint je …

Je me retrouve, ce matin, au départ d’une nouvelle histoire. Et j’ai peur car dans la contrée des rêves, il existe toujours un moment où les craintes persistent. On ne croît plus au miracle et ses vertus si heureuses soient-elles. Je suis à la frontière de mon utopie. Je vais, bientôt, ouvrir les portes de mon royaume.

Ça y est … rêve et réalité se chevauchent… se bousculent… se toisent. 

Je n’ai plus peur.

Nous sommes désormais cinq.

Une équipe pour gagner le bonheur et donner le sourire à l’autre. 

Les 5 doigts d’une main ferme et solide.

Je repense à ce petit Charly assis sur le muret un soir d’été orageux. Lui qui n’avait, alors, que ses rêves et sa volonté farouche d’être tout simplement heureux. 

Mon cinq majeur entre sur le terrain…

Pour se battre…

Gagner ou perdre…

Vivre et aimer ….

Sans limites.  

De ONE LOVE à EDEN KARMA36